Sit-in et blocage du FRAPRU aux bureaux de l’Agence du revenu du Canada, à Montréal et Québec

C’est pour défendre 127 000 logements sociaux québécois menacés par la fin des subventions que leur verse présentement le gouvernement fédéral que des membres FRAPRU ont participé, le 17 avril 2012, à un sit-in  dans les bureaux de l’Agence de revenu du Canada, à Montréal et à blocage de ceux de Québec.

Le FRAPRU est outré qu’Ottawa ait commencé à se retirer du financement qu’il accorde, depuis des décennies, aux provinces, aux villes ou encore directement à des coopératives et à des organismes sans but lucratif en habitation. Il estime que plus de 43 000 logements sociaux seront à terme affectés à Montréal et autour de 17 000 à Québec.

L’organisme précise, en se basant sur des chiffres du Conseil du trésor, que le gouvernement fédéral économisera 21,7 millions $ en 2012-2013, en raison de l’arrêt de ces subventions. Ce montant augmentera sensiblement année après année pour atteindre une somme annuelle de 1,6 milliard $.

Le FRAPRU met en parallèle cette économisée réalisée sur le dos des locataires à faible revenu qui demeurent dans les logements sociaux ou qui aspirent à y avoir accès avec les exemptions fiscales accordées aux contribuables à haut revenu et aux grandes entreprises. C’est ce qui explique qu’il ait choisi l’Agence de revenu du Canada comme cible de son action de ce matin.

François Saillant, coordonnateur du FRAPRU, se demande : « Comment le gouvernement fédéral peut-il mettre fin à son aide au logement social, alors qu’en 2011, il s’est privé d’un total de 7,5 milliards $ de revenus d’impôts des particuliers et des sociétés, en n’imposant que la moitié des gains de capital réalisés à la vente d’actions boursières ou d’immeubles? Comment peut-il compromettre l’accessibilité financière des logements sociaux, alors que le gouvernement conservateur de Stephen Harper a lui-même aggravé l’injustice fiscale, en rabaissant, en 2010 et 2011, le taux d’imposition des entreprises de 18 % à 15 %, ce qui l’a privé de 6 milliards $ par an? ».

Le FRAPRU précise que, selon des données de la Société canadienne d’hypothèques et de logement, 261 000 ménages locataires ont des besoins impérieux de logement au Québec, dont 156 000 dans la région métropolitaine de Montréal et 24 000 dans la Ville de Québec. Il réclame la poursuite des subventions des logements sociaux, même après la fin des ententes actuelles de financement à long terme. Il demande aussi au fédéral de prévoir des budgets suffisants pour la rénovation de tous ces logements.

Les forces policières des deux villes ont mis fin aux actions surprises de 127 minutes menées par le FRAPRU pour défendre les 127 000 logements sociaux qui, au Québec, sont menacés par la fin des subventions que leur verse présentement le gouvernement fédéral. Un membre du FRAPRU, Jonathan Aspirault-Massé, a été arrêté lors de l’action de Montréal, mais a immédiatement été relâché, non sans se faire imposer une contravention municipale.

Commentant cette expulsion, le coordonnateur du FRAPRU, François Saillant, a déclaré : « Nous avions dit que notre action durerait 127 minutes. Comme nous avons été expulsés au bout de 45 minutes, il nous reste 82 minutes d’action à utiliser au moment opportun pour continuer à exercer des pressions sur le gouvernement Harper pour le contraindre à maintenir ses subventions aux logements sociaux existants et surtout aux locataires à faible revenu qui y demeurent ».

M. Saillant a par ailleurs dénoncé l’arrestation d’un de ses militants dans une action plutôt bon enfant qui se déroulait très pacifiquement : «  Il s’agit d’un geste flagrant d’intimidation de la part des forces policières. Il en faudra autrement plus pour nous empêcher de repasser à nouveau à l’action ». Le FRAPRU encourage Jonathan Aspirault-Massé à contester la contravention qu’il a reçue, puisqu’il s’agit d’un moyen de plus en plus utilisé pour empêcher le droit de manifester ».

Le FRAPRU annonce déjà l’organisation d’une grande manifestation nationale dans le quartier Pointe Saint-Charles de Montréal, le 27 mai prochain.

 

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